En route pour les Tony: Broadway.com Audience Choice Awards 2013
Alors que la céremonie des Tony Awards n'a lieu que le 9 juin, la saison des récompenses pour le petit monde de Broadway vient de commencer avec les Broadway.com Audience Choice Awards qui se sont tenu dimanche dernier. Cette remise de prix est organisé par le site de réference concernant les comédies musicales aux Etats Unis, Broadway.com. Et c'est au lecteur de ce site d'élire ce qui est selon eux le meilleur de la saison. Si ce n'est pas l'indicateur le plus fiable pour les Tony, les vainqueurs de l'année dernière (Newsies, Godspell, Jeremy Jordan et Laura Osnes) n'ont pas obtenu grâce aux yeux de l'académie, il arrive parfois que les votants de l'académie soit en accord avec le public.
Favorite New Musical:
Favorite Musical Revival:
Favorite Long Running & Favorite Tour:
Favorite Actor in a Musical:
Billy Porter pour Kinky Boots
Favorite Actress in a Musical:
Laura Osnes pour Rodgers & Hammerstein's Cinderella
Favorite Diva Performance:
Stephanie J. Block pour The Mystery of Edwin Drood
Favorite Funny Performance:
Annaleigh Ashford pour Kinky Boots
Favorite Onstage Pair:
Santino Fontana & Laura Osnes pour Rodgers & Hammerstein's Cinderella
Favorite Breakthrough Performance:
Bertie Carvel pour Matilda
Favorite Replacement:
Sierra Boggess pour The Phantom of the Opera
Favorite New Song:
"When I Grow Up" Matilda
Kinky Boots et Rodgers & Hammerstein's Cinderella sont donc les grand vainqueurs de la soirée. Kinky Boots est le grand favori pour les Tony Awards avec 13 nominations, on peut dire qu'il commence plutôt bien sa course. Son principal (et unique?) concurrent Matilda a tout de mêm obtenu le prix de la meilleure chanson, et pourrait bien lui rafler le prix de la meilleure musique lors du grand soir. Pour ce qui est de la compétition dans la catégorie meilleur acteur, ça risque d'être serré entre Billy Porter et Bertie Carvel (qui a remporté un Laurence Olivier Award l'année dernière pour ce rôle).
Côté revival, si Annie a remporté ce prix, le spectacle a peu de chance de gagner le Tony étant donné que sa nomination dans la catégorie meilleur revival est la seul que le spectacle a obtenu et ça fait un peu "on l'a mit là parce qu'il fallait 4 nominés". Les favoris sont plutôt Pippin ou The Mystery of Edwin Drood. Etrangement le public a snobé le premier et n'a decerné qu'un prix au deuxième pour sa "Diva" Stephanie J. Block. Et puis après tout, Rodgers & Hammerstein's Cinderella pourrait bien créer la surprise. A noter que c'est la deuxième année consécutive que le public sacre Laura Osnes meilleure actrice (l'année dernière c'était pour Bonnie & Clyde), et elle a toute ses chances pour les Tony (même si Patina Miller et Stephanie J. Block sont de sérieuse concurrente).
Du côté des "Long-Running Musical", Wicked reste indétronable étant donné que c'est la cinquième année qu'il remporte ce prix. et pour ce qui est de la tournée, le prix existe depuis 3 ans, Wicked l'a toujours eu. Je finirais avec le prix qui me fit le plus plaisir, la divine, magnifique et inégalable Sierra Boggess sacré meilleur remplacement pour son séjour dans The Phantom of the Opera en début d'année.
La Troisième Symphonie de Gustav Mahler
Maintenant qu'il ne reste plus qu'une représentation et que tous les regards sont tournés vers la soirée Béjart/Nijinski/Robbins/Cherkaoui et Jallet (que je ne verrais pas malheureusement), il est plus que temps que je revienne sur la représentation de La Troisième Symphonie de Gustav Malher à laquelle j'ai assisté il y a deux semaines.
C'est avec un sentiment d'apréhension et d'excitation que je me suis rendu à l'Opéra Bastille. Apréhension car je ne savais pas vraiment ce que j'allais voir, et que la perspective de voir un ballet non narratif de deux heures sans entracte peut faire peur. Excitation parce que les vidéos que j'avais pu voir de ce ballet me plaisait bien, que la distribution que j'allais voir me convenait très bien et que j'avais lu des comptes rendus très élogieux sur ce ballet un peu partout.
Je m'installe donc on fond de l'orchestre de Bastille où j'ai une bonne vision de la scène, un peu loin mais parfait pour apprécier les différentes figures géométrique de la chorégraphie (mais également pour remarquer les petits défauts de synchronisation). Je constate que la salle n'est pas pleine ce qui entrainera un petit ballet dans la salle, celui des changements de places. Je ne peux pas en vouloir au gens d'avoir envie d'être mieux placé. Mais quand pendant les 10 premières minutes du ballets tous le monde essaie de se replacer, ça devient rapidement insuportable. Et vous savez que je suis très patient envers mes voisins au spectacle... Autre petit détail qui m'horripile, ce sont les gens qui toussent dès qu'il y a un silence où que la musique est faible. Au Royal Ballet des bonbons pour la toux, pourquoi ne pas faire la même chose? Mais parlons plutôt du ballet.
Mathias Heymann dans le 1er Mouvement
Le ballet débute par le 1er Mouvement, entièrement dansé par les solistes et le corp de ballet masculin, qui dure environ 40 minutes. Mes premières constatations sont d'une part que la chorégraphie est magnifique, et que cette symphonie de Mahler, que je ne connaissais pas du tout, est grandiose. Ce 1er Mouvement est monumentale, mais j'ai trouvé le temps un peu long à quelques moments. Je trouvais que les ensembles manquaient un peu d'énergie et n'étaient pas toujours très synchronisé. Mais ça restait très beau à regarder, à défaut d'être prenant. Les solistes s'en sortait très bien avec en tête Mathieu Ganio, magnifique danseur étoile au ligne sublime avec une danse magnifique. Il était l'Homme, la figure que l'on suit tout au long du ballet, même quand il était sur le côté à ne rien faire il attirait les regards comme un aimant. Il formait un beau duo avec Vincent Chaillet dans le rôle de l'Âme. Mais j'étais un peu concquis d'avance, quand je vois l'un ou l'autre danser je fond, alors quand ils dansent ensemble... L'autre "star" de ce mouvement c'est Alessio Carbone dans le rôle de la Guerre, il apporte à ce mouvement la puissance qu'il devrait avoir. Cette même puissance qui malheureusement était absente du corps de ballet. Sa variation qui cloturait ce passage était magnifique.
Place au 2ème Mouvement avec une toute autre ambiance. Les danseuses arrivent tel un vent frais qui vient souffler sur le plateau de Bastille. Ce soir là nous avions deux solistes de choix pour ce passage, Charline Giezendanner lyrique à souhait accompagné de Fabien Révillon et la piquante Mathilde Froustey accompagné d'Axel Ibot. Ce mouvement est passé bien vite.
A la suite vient le 3ème Mouvement, pour moi le plus beau du ballet. Différents couple du corps de ballets en rouge dansent chacun leurs tours. On remarque surtout Laura Hecquet, véritable soliste dans l'âme, ainsi qu'Heloise Bourdon qui tente de séduire l'Homme. Puis arrive le couple soliste formé par Florian Magnenet et Eve Grinsztajn. Cette dernière était débordante de lyrisme et a livré une prestation très émouvante. A chacune de ses apparitions elle était hypnotisante. Quel dommage qu'elle ne soit pas plus distribuée...
Stéphane Bullion, Eleonora Abbagnato et Karl Paquette dans le 4ème Mouvement
Arrive le 4ème Mouvement, dont la création est antérieur au ballet intégral. Il s'agit d'un très beau passage mais qui contraste trop avec le reste de l'oeuvre. Les danseurs s'y sont pourtant montrés très bon, avec en tête la première danseuse Nolwenn Daniel qui a fait une très belle variation dans le silence et les quintes de toux. Le trio avec Mathieu Ganio et Vincent Chaillet était très réussi et émouvant. Mais ce mouvement marque quand même une coupure dans le ballet.
Puis c'est l'arrivé de l'Ange interprété par l'étoile Laetitia Pujol. Je ne sais jamais trop quoi penser sur cette danseuse. Je l'ai vu sur plusieurs captations de ballet, je l'avais adoré dans les seconds rôles comiques de La Belle au Bois Dormant et de Cendrillon, mais je l'avais trouvé insupportable sur celui de Joyaux avec sa manie d'ouvrir la bouche en permanence pour faire passer une émotion. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre et je l'ai trouvé très bien (apparement elle ouvre toujours la bouche, mais j'étais trop loin pour le voir). Elle était un ange très enfantin et sa variation était délicieuse. Elle formait un beau couple avec Mathieu Ganio et leur adage était très beau.
Le final était très réussi, même si il y a toujours quelques petits problèmes de synchronisation ça reste un moment très prenant. La dernière diagonale de l'Ange était magnifique. Un moment en somme tout simple, une danseuse qui marche, mais qui devient magique.
La Troisième Symphonie de Gustav Malher est donc un très beau ballet, même si il y a quelques longueurs. Très exigeant pour les danseurs mais qui procure un bel effet auprès du public. La preuve en est, les applaudissements chaleureux que ces derniers ont reservés au danseurs ce soir là aux moments des saluts.
Tony Awards 2013 - Best Revival (1/4): The Mystery of Edwin Drood
Comme le dirait la vénérable Julie Andrews, ou la divine Sierra Boggess, "Tra la it's may! The lusty month of may!". C'est donc en ce premier jour de ce beau mois de mai que c'est déroulé l'un des évenements les plus importants de la planète Broadway, l'annonce des nominations des Tony Awards! J'allais dire "le plus important" mais il y aussi la cérémonie des Tony Awards en elle même qui est un vrai événement, surtout quand Neil Patrick Harris est le maître de cérémonie! Pour l'occasion j'ai décidé, afin de patienter jusqu'au 9 juin, de consacrer une série d'article au 4 shows nominés dans la catégories "Best Musical" et "Best Revival of a Musical".
Je commence par The Mystery of Edwin Drood, qui cumule 5 nominations:
- Meilleur "Revival" de comédie musicale.
- Meilleure actrice dans une comédie musicale pour Stéphanie J. Block.
- Meilleur acteur dans un second rôle dans une comédie musicale pour Will Chase.
- Meilleur metteur en scène de comédie musicale pour Scott Ellis.
- Meilleur décors de comédie musicale.
The Mystery of Edwin Drood est une comédie musicale adapté du roman éponymes de Charles Dickens, que l'auteur ne put achever. Le show fut monté à Broadway en 1985 et resta un an et demi à l'affiche. Il s'agit içi du premier revival à Broadway de cette comédie musicale. Ce spectacle est produit par La Roudabout Theatre Company, qui a également produit les derniers revivals de Cabaret, Sunday in the Park with George et Anything Goes, c'est joué au Studio 54, une ancienne boîte de nuit, pour un engagement limité du 13 novembre au 10 mars, cumulant un total de 136 représentations, sans compter les 28 previews. La mise en scène de cette reprise est signé par Scott Ellis à qui l'on doit notamment la mise en scène du revival de Curtains, Steel Pier et les revivals de 1776 et de She Loves Me pour lesquels il obtint une nomination au Tony Awards. The Mystery of Edwin Drood lui apporte sa sixième nominations. Les chorégraphies sont de Warren Carlyle, qui cette saison a chorégraphié trois spectacles sur Broadway, Chaplin, A Christmas Story the Musical et évidement Edwin Drood. Il a également chorégraphié le dernier revival de Follies. Les décors sont de Anna Louizos (qui a également fait ceux de Rogers & Hammerstein's Cinderella et qui a accessoirement fait ceux de Avenue Q) et les costumes de William Ivey Long (nominés cette année pour ceux de Rodgers & Hammerstein's Cinderella et qui a accessoirement fait ceux des derniers revival de Chicago et Cabaret, ainsi que ceux de Hairspray, Frankenstein Junior, The Producers, Nine... Je continue?). Chaque soir, 15 musiciens accompagné les artistes sur scène, ils étaient dirigés par Paul Gemignani qui a dirigé la quasi-totalité des comédies musicales de Sondheim à leurs créations depuis Follies en 1971.
Synopsis: L'action se déroule au London's Music Hall Royale, à l'époque victorienne, où une troupe d'acteur s'apprête à jouer leurs versions de The Mystery of Edwin Drood. Le "Chairman", une sorte de maître de céremonie, guidera le public pendant tout le spectacle.
Edwin Drood, joué par l'actrice Alice Nutting spécialisé dans les rôles masculins, rend visite à son oncle John Jasper. Ce dernier, en plus d'être chantre à la cathédrale, fréquente un bouge à opium tenu par la princesse Puffer. Edwin fait part à son oncle de son futur mariage, arrangé par testament, avec Rosa Bud et de ses plans de s'installer en Egypte avec elle. Il se trouve que Rose Bud est l'élève de son oncle, qui lui enseigne la musique et qui est secrétement amoureux. Rosa est également convoité par Neville Landless, jeune homme arrivé de Ceyland avec sa soeur Helena. Ce qui provoquera une altercation entre lui et Edwin Drood.
Edwin et Rosa se rendent comtpe que leurs futurs mariage est une erreure et décide de l'annuler. De son côté John Jasper organise chez lui le diner de noël où tous les protagonistes sont invités. l'ambiance est agité et le jour suivant Edwin est porté disparu. Le manteau que Jasper avait prêté à Edwin ce soir là est retrouvé taché de sang. Tout laisse supposé qu'il a été assassiné et Neville est le principal suspect! Pendant ce temps John Jasper avoue son amour à Rosa qui le rejette. C'est à ce moment que le "Chairman" met fin au premier acte en conseillant aux spectateurs de réfléchir aux évenements qui ce sont passés.
Le deuxième acte se déroule six mois plus tard, Princess Puffer avec l'aide d'un inconnu, Dick Tatchery. Puffer rencontre Rosa et elle est rejoint par tous le reste du cast pour lui chanter "Don't Quit While You're Ahead", mais au milieu de la chanson ils s'arrêtent. Le "Chairman" nous annonce que c'est à ce moment là que Charles Dickens est mort, laissant son roman inachevé. C'est au public de décider de la fin de l'histoire. Tout d'abord il faut décider si Edwin Drood est bel et bien mort, étant donné que c'est l'actrice Alice Nutting qui était chargé de jouer Dick Tatchery (histoire qu'elle puisse apparaître dans les deux actes). Est ce que Dick Tatchery et Edwin Drood sont la même personne? Les membres de la troupe sont unanimes, Edwin Drood est bel et bien mort. Alice, folle de rage, quitte le théâtre! Il est temps pour le public de voter, par applaudissement, pour qui se cache derrière Dick Tatchery. A présent le public doit voter pour le meurtrier. Puffer révèle l'idendité de Dick Tatchery, qui a été choisi par le public. Il accuse John Jasper d'être le meurtrier, ce dernier se confesse. Tout à coup, le creuseur de tombe arrive pour réveler le véritable assassins d'Edwin Drood. Le personnage choisi par le public chante donc sa confession (si Jasper est désigné, il n'y a pas de nouvelle confession qui est chanté).
Mais comme toute histoire se doit d'avoir une fin heureuse, le public doit désigner deux personnages qui formeront un couple. Mais un bruit retenti de la crypte. Edwin Drood revient des mort pour réveler ce qui c'est vraiment passé le soir de sa mort, et accesoirement pour chanter le final avec toute la troupe!
Retour à la création: Avant d'arriver à Broadway, le show fit ses débuts au "New York Shakespeare Festival's" aujourd'hui plus connu sous le nom de "Shakespeare in the Park" (là où Into the Woods c'est joué cet été avec Donna Murphy qui a fait parti de la production originale d'Edwin Drood et Jessie Mueller qui fait parti de ce revival. Tout est lié!). A la fin du run à Central Park, le show est immédiatement transferé à Broadway où il tiendra le temps de 608 représentations et de 24 previews. La mise en scène originale est de Wilford Leach avec des chorégraphies de Graciala Daniele (qui a fait parti des original cast de Follies et Chicago).
A la distribution on retrouvait Betty Buckley (la première Grizabella dans Cats à Broadway) dans le rôle titre, Howard McGillin (qui a joué dans Anything Goes aux côtés de Patti LuPone) dans le rôle de John Jasper, Cleo Claine (chanteuse de jazz à la discographie impressionante) dans le rôle de la princesse Puffer, George Rose (vétérand de Broadway dont se fut le dernier rôle) dans le rôle du "Chairman", Patti Cohenour (la doublure de Sarah Brightman dans Phantom of the Opera à Broadway) dans le rôle de Rosa Bud, John Herrera dans le rôle de Neville ou encore Janet Schneider (qui a ensuite quitté les planches pour devenir photojournaliste) dans le rôle d'Helena. Parmi les membres de l'ensemble on pouvait trouver Donna Murphy (qu'on ne présente plus) qui était doublure des rôles de Princess Puffer et d'Helena, plus tard dans le run elle remplacera Betty Buckley dans le rôle titre, Judy Kuhn (la première Cosette dans Les Misérables à Broadway) qui était doublure des rôles d'Edwin Drood et de Rosa Budd, ainsi qu'un certain Rob Marshall.
Le spectacle reçu 10 nominations au Tony Awards: Meilleure Comédie Musicale, Meilleur Livret, Meilleure Musique, Meilleur Acteur (George Rose), Meilleure Actrice (Cleo Laine), Meilleur Acteur dans un Second Rôle (John Herrera et Howard McGillin), Meilleure Actrice dans un Second Rôle (Patti Cohenour et Janet Schneider qui remporta le Drama Desk Awards cette année), Meilleure Mise en Scène et Meilleure Chorégraphie. (Les Awards en gras sont les Awards remporté). Voici la vidéo de leurs performances au Tony Awards:
Le Cast de 2012:
* Stephanie J. Block (Edwin Drood/Alice Nutting): Dans le revival de 2012, le personnage principale est interprété par Stephanie J. Block. On peut dire qu'elle fut la toute première Elphaba de l'histoire de Wicked, puisque c'est elle qui joua le rôle lors de la première lecture et du workshop. Mais les producteurs voulant une actrice plus expérimenté pour le rôle elle fut remplacé par Idina Menzel dont elle fut la doublure lors des tryouts à San Francisco. Elle quitta le show avant qu'il n'arrive à Broadway pour jouer le Rôle de Liza Minelli dans The Boy From Oz aux côtés de Hugh Jackman. Depuis elle a eu plusieurs occasions de jouer le rôle d'Elphaba lors de la tournée US ainsi qu'en remplacement à Broadway. Elle a également participé à la création de The Pirate Queen d'Alain Boubil et Claude-Michel Schönberg (qui a dit "bide"?) et 9 to 5 aux côtés de la magnifique, grandiose, géniale et fantastique Megan Hilty. Dernièrement elle a remplacé Sutton Foster dans le revival d'Anything Goes. Grâce à Edwin Drood elle obtient sa première nomination aux Tony Awards.
* Will Chase (John Jasper/Clive Paget): Will Chase tient donc danc ce revival le rôle de John Jasper, le mystérieux oncle d'Edwin Drood qui mène une double vie, et qui est secrétement amoureux de l'ingénue de service a qui il enseigne la musique, il lui a même écrit une chanson pour son anniversaire et veux absolument qu'elle l'a chante. (Yes, the Phantom of the Opera is theeeeeeeere!). Will Chase est un habitué des scènes de Broadway, d'après IBDB il a participé à la création de trois comédies musicales dont personnes n'a entendu parler: Lennon (49 représentations), The Story of My Life (5 représentations) et High Fidelity (13 représentations). Il est plus connu pour avoir fait des remplacements dans des comédies musicales à succés comme Miss Saigon, Aida, The Full Monty, Billy Elliot et dernièrement Nice Work If You Can Get It où il a remplacé Matthew Broderick pendant six jours (histoire que ce dernier puisse partir en vacances). Mais les fans de comédies musicales le connaissent surtout grâce à la captation de la dernière représentation de Rent à Broadway où il jouait le rôle de Roger. Il a également joué dans Smash aux côtés de la magnifique, grandios, géniale et fantastique Megan Hilty! Tout est lié je vous dis!
* Chita Rivera (Princess Puffer/Angela Prysock): Pour jouer le rôle de la tenancière de bouge à Opium, les producteurs d'Edwin Drood ont décidé de donner une chance à cette actrice vieillissante qui n'a pas eu la chance d'avoir de grand rôle dans sa carrière, ni de participer à des shows à succés... Chita Rivera a commencé sa carrière dans l'ensemble de Can-Can de Cole Porter. Puis elle continua d'enchaîner les petits rôles dans des petits spectacles sans importance comme celui d'Anita dans West Side Story ou de Velma Kelly dans Chicago. Je vous avais bien dit qu'elle n'avait pas eu l'occasion de créer de grand rôles... Son histoire avec Chicago ne c'est pas arrêté là, elle a eu l'occasion de jouer Roxie Hart dans le revival du show à Las Vegas ainsi que de faire une petite apparition dans le film de Rob Marshall, qui je le rappelle faisait parti de l'ensemble à la création d'Edwin Drood, tout est bel et bien lié! Elle a également crée le rôle principal dans The Kiss of the Spider Woman, l'une des dernières comédies musicales de John Kander et Fred Ebb, pour lequel elle remporta un Tony ainsi que de jouer le rôle de Liliane La Fleur dans le dernier revival de Nine. Bref rien de bien fameux, et puis elle n'a même pas travaillé avec Megan Hilty...
* Jim Norton (The Chairman/William Cartwright): Pour jouer le rôle du maître de céremonie de cette petite troupe, Mr Cartwright (Vous avez remarqué, Cartwright = Karen Cartwright = Smash = Megan Hilty! Tout est... Bon j'arrête...), nous avons Jim Norton, un grand acteur Irlandais qui a joué dans bon nombre de films ou séries télévisés. On a pu donc le voir dans Harry Potter et la Chambre des Secrets, American History X ou encore De l'Eau pour les Eléphants. A Broadway on a pu le voir dans des pièces de théâtres comme The Weir et The Seafarer pour laquelle il obtint un Tony. Niveau comédies musicales il a participé au dernier revival de Finian's Rainbow.
* Betsy Wolfe (Rosa Bud/Deirdre Peregrine): Dans le rôle de l'ingénue de service à la vie d'ange j'ai demandé Betsy Wolfe. Cette jeune femme n'en est qu'au début de sa carrière mais a déjà pas mal de show à son actif. A Broadway on a pu la voir dans 110 in the Shade et Everyday Rapture. Elle aurait pu être dans Curtains, une des dernières comédies musicales de John Kander et Fred Ebb, mais elle n'a participé qu'au Workshop, tel Stephanie J. Block avec Wicked. Elle a même chanté du Sondheim! Cet été elle a participé à la production de Merrily We Roll Along dans le cadre des "New York City Center Encores!", elle jouait le rôle de Beth Shepard et avait donc la lourde tâche de chanter "Not a Day Goes By". Elle a également participé à un concert avec Megan Hilty... Elle a quitté le run plus tôt que ses petits camarades, sûrement pour entamer les répetitions du prochain spectacle auquel elle participera, le revival de The Last Five Years Off Broadway (on pourra découvrir cette comédie musicale cet été à Paris, dans une mise en scène de Stephane Ly Cuong), aux côtés d'Adam Kantor (Mark dans le DVD de Rent). Elle fut donc remplacé par Erin Davie, connu par les fans de comédies musicales comme étant la Charlotte du dernier revival de A Little Night Music à Broadway. Et comme la plupart des acteurs de ce revival elle n'est pas très aimé (moi je n'ai rien contre elle, c'est juste une erreur de casting).
* Jessie Mueller (Helena Landless/Janet Conover): La jeune et jolie Jessie Mueller a fait ses débuts à Broadway la saison dernière dans On A Clear Day You Can See Forever. Si les critiques pour ce spectacle n'étaient pas tendre, tous le monde s'accordait à dire qu'elle était fantastique, elle fut même nominé aux Tony's. Depuis elle est la coqueluche de Broadway et on la voit partout! Cet été elle était Cendrillon dans Into the Woods à Central Park, elle a joué Carrie Pipperidge lors du concert de Carousel au Lincoln Center, et elle fut un temps envisagé pour jouer Cécile de Volanges dans le revival de Laisons, mais c'est Ivy Linn qui eu le rôle. Tout de suite après la fermeture d'Edwin Drood elle c'est retrouvé sur Nice Work If You Can Get It en remplacement de Kelli O'Hara. L'étoile montante de Broadway a un grand avenir devant elle. Cette année elle est nominés au Drama Desk Awards pour sa performance dans Edwin Drood.
* Andy Karl (Neville Landless/Victor Grinstead): C'est donc lui qui a la tâche de jouer le frère d'Helena et l'amoureux jaloux de Rosa que tous le monde accuse d'avoir tué Edwin Drood. Il fait ses débuts à Broadway en faisant un remplacement dans l'adaptation scénique de Saturday Night Fever. Il participa à la création de Legally Blonde en tant que membre de l'ensemble et doublure de Christian Borle (pour la minute people, sa femme n'est autre que Orfeh qui jouait Paulette), ainsi qu'à celle de 9 to 5 (avec Stéphanie J. Block et Megan Hilty). Puis il enchaîne les remplacements dans les musicals à succés que sont Wicked et Jersey Boys. Il a d'ailleurs quitté Edwin Drood avant la fin du run pour retrouver les Jersey Boys. Il est donc remplacé par Andrew Samonsky qui a joué dans South Pacific et Scandalous.
* Gregg Edelman (Reverend Crisparkle/Cedric Moncrieffe): Gregg Edelman, qui joue le réverand tuteur des jumeaux Landless, a une longue carrière sur les planches de Broadway. Il a joué entre autre dans Cats, Les Misérables (Javert), Cabaret (Cliff), Anything Goes (Billy Crocker), Passion, 1776, Wonderful Town et Into the Woods (Le Loup et le Prince de Cendrillon). Plutôt pas mal non (si on enlève Cats évidement)!
* Robert Creighton (Durdles/Nick Cricker): Dans le rôle de l'ivrogne du village j'ai demandé Robert Creighton. Ce dernier a fait pas mal d'apparition sur les planches de Broadway ces dernières années. On a pu le voir dans l'ensemble de Chitty Chitty Bang Bang et de The Little Mermaid, dans Chicago où il fut l'un des nombreux Amos Hart et dans Anything Goes où il jouait le "Purser" et était la doublure de Joel Grey.
* Peter Benson (Bazzard/Phillip Bax): Peter Benson qui joue le rôle de l'assistant du réverand Crisparkle, c'est illustré ces dernières années dans de nombreux revivals tel Cabaret (Ernst Ludwig), Little Me, Wonderful Town, The Pajama Games ou Promises, Promises. Dernièrement il a joué dans la pièce Harvey, autre production de la Roundabout Theatre Company.
* Nicholas Barasch (Deputy/ Master Nick Cricker): N'ayant que 14 ans, ce jeune homme n'a pas encore eu le temps d'avoir une grande carrière. Néanmoins Edwin Drood n'est pas son premier spectacle. En 2009 il jouait Kiddo dans West Side Story et devait chanter la (magnifique) chanson "Somewhere".
Mais qui a tué Edwin Drood?
J'avais envie de terminer cet article avec cette étude très sérieuse montrant qui a le plus tué Edwin Drood durant le run du musical. Et c'est Rosa Bud qui arrive en tête, il semblerait qu'elle soit très apprécié des spectateurs puisqu'elle fut désigné meurtrière pendant à peu près la moitié des représentations. Il faut dire que "Rosa's Confession" est ma confession préféré. Arrive en suite dans l'ordre Princess Puffer, Helena Landless, Reverend Crisplarkle, Bazzard, Neville Landless et Durdles. Il semblerait que John Jasper n'est jamais été désigné comme étant l'assassin. Mais qu'il soit le meurtrier ou non, il chante quand même sa confession. Chose assez amusante concernant le Reverend Crisplarkle, il était régulièrement élu meurtrier lors des représentations du dimanche, jour du seigneur. Quand à Helena Landless elle était pratiquement tous le temps élu soit en Datchery, soit en assassin, soit en amoureuse. Pour ce qui est des couples il y a de quoi s'interroger sur les moeurs du public, le couple revenant le plus souvent est celui formé par Princess Puffer (interpreté par Chita Rivera la doyenne de la troupe) et Deputy (interpreté par Nicholas Barasch le plus jeune de la troupe). Le second couple qui revenait régulièrement est celui des deux jumeaux Landless.
Le soir de la dernière a vu un couple inédit se former. Le public avait décidé que Helena finirait dans les bras de John Jasper. Mais Will Chase décida de faire une petite blague à Jessie Mueller, pendant qu'elle fermait les yeux attendant son baiser il alla cherché Erin Davie pour que toutes deux s'embrassent devant son regard ravi. Le dernier couple de ce revival fut donc Helena/Rosa. Voici la vidéo, comme vous pouvez le constater, le public est hystérique!
A l'affiche: Soirée Béjart/Nijinski/Robbins/Cherkaoui et Jallet (du 2 mai et 3 juin au Palais Garnier)
Alors que les représentations de La Troisième Symphonie de Gustav Mahler battent leurs plein du côté de l'Opéra Bastille (promis vous aurez un compte rendu bientôt), les danseurs de l'Opéra s'apprête à démarrer la série d'un nouveau programme. Il s'agit d'une soirée mixte réunissant L'Oiseau de Feu de Maurice Béjart, L'Après Midi d'un Faune de Vaslav Nijinski ainsi que la version de Jerome Robbins, et une création des chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jallet qui revisitent le mythique Boléro de Maurice Ravel. Une soirée un peu déconcertante sur le papier. En effet depuis que ce programme a été annoncé, le lien entre les quatres oeuvres de ce ballet reste assez flou. J'avais bien pensé à une soirée "Ballets russes revival" mais la présence de la version originale de l'Après Midi d'un Faune de Nijinski casse ma thématique. (D'ailleurs on peut se demander si deux Faunes dans la même soirée est une bonne idée...) Et il ne faut pas compter sur le site de l'Opéra pour trouver la réponse. "La musique n'a cessé d'être, pour les chorégraphes, une source d'inspiration intarissable." voilà ce qu'on peut trouver... Un peu léger vous ne trouvez pas? C'est un peu comme si on mettait Dances at a Gathering de Jerome Robbins et Appartement de Mats Ek dans la même soirée parce que dans les deux on voit "des gens qui dansent ensemble". Oh wait, c'est exactement ce qui c'est passé la saison dernière... Mais trève de plaisanterie, voyons d'un peu plus près ces quatres oeuvres.
L'Oiseau de Feu (Maurice Béjart):
A l'origine, L'Oiseau de Feu est une partition d'Igor Stravinsky, réaliser entre 1909 et 1910 sous la commande de Serge de Diaghilev le fondateur des Ballets Russes. Le ballet fut crée en 1910 à l'Opéra de Paris, sur une chorégraphie de Michel Fokine (à qui l'on doit également Petrouchka et Le Spectre de la Rose). Maurice Béjart s'est emparé de ce ballet en 1950, sa relecture de l'oeuvre fut crée pour l'Opéra de Stockholm. Il en fit une nouvelle version 14 ans plus tard pour "Les Ballets du XXème siècle" à Bruxelles. Ce que nous verront sur la scène du Palais Garnier, est encore une autre version de l'oeuvre, bien différentes des précedentes. Elle fut crée pour l'Opéra de Paris en 1970 au Palais des Sports. A l'époque c'était Michaël Denard qui tenait le rôle titre. Dans le corps de ballets ont pouvait trouver Brigitte Lefèvre qui est aujourd'hui la directrice du ballet. Dans sa relecture du ballet, Maurice Béjart c'est affranchi de la narration de la version originale, dans laquelle un jeune héros capture la créature mythique, cette dernière lui donne quelques unes de ses plumes en échange de sa liberté. Le jeune homme rencontre une princesses, les deux tombent amoureux. Le héros voulant la suivre tente de rentrer dans le chateau mais il se fait arrêter. Le chateau appartient à un demi dieu, ce dernier veut le changer en pierre. Mais le héros ce sert du pouvoir des plumes de l'oiseau, ce dernier apparait et rompt le sortilège. Le héros et la princesse se marient et deviennent Tsar et Tsarine. Chez Maurice Béjart il n'y a pas d'histoire mignonette avec des princesses et autres demi-dieu/sorcier. Son Oiseau de Feu est plongé dans une ambiance assez sombre, avec un groupe de "partisants" en habits militaire. Leur leader est l'oiseau de feu, qui est içi dansé par un homme. Cet oiseau se blesse et meurt. Mais Maurice Béjart ajoute la thématique du Phénix, l'oiseau de feu renaît donc de ses cendres.
Point distribution: Trois distributions se partageront les représentations de ce ballet, et il n'y a que des prises de rôle au programme. Pour la première, l'oiseau de feu sera dansé par le danseur étoile Mathias Heymann, qui après une longue blessure l'ayant tenu éloigné de la scène pendant une longue saison, semble aujourd'hui en pleine possesion de ses moyens au vu des critiques élogieuse qu'ont suscité ses prestations lors du Gala Rudolf Noureev et La Troisième Symphonie de Gustav Mahler. Il aura pour Phénix le sujet Allister Madin. Le second duo sera composé par Audric Bézard, qui est décidement bien distribué depuis sa nomination de premier danseur, en oiseau de feu et le premier danseur Florian Magnenet. Ce dernier aura également l'occasion de danser le rôle titre avec pour Phénix Jeremy Loup-Quer, jeune coryphées pour qui c'est le premier rôle titre (si je ne me trompe pas).
Crédit photo: Sébastien Mathé
L'Après Midi d'un Faune (Vaslav Nijinski):
Attention ballet culte! Cette oeuvre puise sa genèse dans un poème de Stéphane Mallarmé publié en 1876 dans lequel un faune évoquait les nymphes et la nature qui l'entoure. Claude Debussy le mit en musique entre 1892 et 1894, ce qui donna naissance au Prélude à l'après midi d'un faune. C'est cette musique que Vaslav Nijinski décida de chorégraphier dans une gestuelle très particulière, loin du langage académique en vigueur à l'époque. La première eu lieu en 1912 au Théâtre du Châtelet (encore et toujours lui) avec la troupe des Ballets Russes. C'est Nikinski lui même qui danse le rôle du Faune. Lors de la première, le ballet créa un scandale. Tout d'abord Serge de Diaghilev voulait annuler le spectacle car le résultat n'était à son goût. Mais au vu de l'insistance de Nijinski, menaçant de quitter la compagnie, et du décorateur et costumier Léon Bakst, la représentation eu lieu. La première fut perturbé par le public devenu hystérique ce qui obligea Serge de Diaghilev à reprendre le spectacle. Le spectacle fut critiqué par l'impudeur de la scène finale, où le faune se couche sur l'écharpe de nymphe, qui fut interprété comme un orgasme. Aujourd'hui ce ballet est considéré comme une oeuvre culte du répertoire des Ballets Russes. Entré au répertoire de l'Opéra de Paris en 1976, ce ballet est régulièrement repris par la compagnie parisienne, la dernière reprise datant de 2009 fut filmé par France Télévision.
Point distribution: On peut dire que ce ballet est très apprécié des étoiles masculines. Pas moins de quatre étoiles se partageront le rôle durant cette série, à une exception, ils l'ont déjà dansé en 2009. C'est Nicolas Le Riche qui dansera le soir de la première aux côtés d'Emilie Cozette dans le rôle de la nymphe. Benjamin Pech, dont c'est la prise de rôle, et Jérémie Bélingard se partageront la même nymphe, j'ai nommé la magnifique Eve Grinsztajn! Et Stéphane Bullion dansera avec la première danseuse Stéphanie Romberg.
Afternoon of a Faun (Jerome Robbins):
Après avoir vu la chorégraphie originale de Nijinski, place à la relecture de Jerome Robbins, aka le génial chorégraphe et metteur en scène de West Side Story. Içi le faune et la nymphe sont remplacés par un danseur et une danseuse effectuant un pas de deux troublant et sensuel dans une salle de danse. Sa relecture date de 1958 soit après le triomphe de West Side Story, et avant celui de Gypsy. Ce ballet est entré au répertoire de l'Opéra en 1974, avant la version de Nijinski, et la dernière reprise date de 2003.
Point distribution: Comme pour la version de Nijinski, quatres étoiles masculines se partageront le rôle du faune (ou du danseur) sur ce ballet. C'est Hervé Moreau qui a les honneurs de la première, il sera accompagné de la nouvelle danseuse étoile Eleonora Abbagnato. Stéphane Bullion et Emilie Cozette, qui sont tous les deux programmés sur la version de Nijinski, reprendront ensemble leurs rôles sur celle de Robbins. Karl Paquette, alias le sauveur des représentations, se retrouve associé avec la sujet Amandine Albisson qui a fait des merveilles sur la soirée Roland Petit, et Mathias Heymann dansera avec l'étoile Myriam Ould Braham.
Boléro (Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jallet):
La soirée se termine par une création. En effet les deux chorégraphes Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jallet, en collaboration avec la scénographe Marina Abramovic, revisite le mythique Boléro de Maurice Ravel. La tâche n'est pas aisé, d'autant plus que le ballet qu'a créé Maurice Béjart sur cette musique est une référence incontournable. Mais contrairement à cette version, qui a un soliste principal dansant au milieu d'une vingtaine de danseurs, içi il y aura onze danseurs qui danseront ensemble autour d'un centre. La première n'ayant pas encore eu lieu, on ne sait encore peu de chose sur cette création, mais lors d'une rencontre public, les chorégraphes auraient évoqués l'idée de la spirale sur laquelle repose toute la chorégraphie.
Point distribution: Une seule distribution pour cette création, une distribution qui mélange tous les grades de l'Opéra. Cela va des étoiles avec Aurélie Dupont, Marie Agnès Gillot et Jérémie Bélingard, aux choryphées avec Letizia Galloni et Alexandre Gasse, en passant par les sujets Marc Moreau, et Daniel Stokes et les premiers danseurs Vincent Chaillet, Muriel Zusperreguy et Alice Renavand.
J'espère vous avoir donné envie d'aller voir ce spectacle, même si il reste très peu de places sur le site de l'Opéra, dès qu'il y a le nom de Maurice Béjart sur l'affiche ça se vend comme des petits pains.
Pour les dates cela donne: les 2, 4, 8, 9, 10, 13, 15, 25, 27, 29, 30 mai et les 1er et 3 juin à 19h30. Et tout ça se passe sous les dorures du Palais Garnier.
Laurence Olivier Awards 2013 - Les nominations et résultats
Ce soir a lieu l'évenement qui met tout le West End en émoi, les Laurence Olivier Awards. Il s'agit de l'équivalent londoniens des Tony Awards ou de nos Molières, une céremonie récompensant le meilleur de la saison théâtrale. Et comme en Angleterre la comédie musicale est bien mieux considéré que dans notre cher pays (où la partition de Sunday in the Park with George est qualifié d'anodine...) elles ne sont pas lesé dans les nominations et ont même leurs propres catégories. D'ailleurs avant d'aller plus loin, voici les nominations:
Meilleure nouvelle comédie musicale:
Meilleure reprise d'une comédie musicale:
Meilleure actrice dans une comédie musicale:
Meilleure actrice dans une comédie musicale:
Meilleur(e) acteur/actrice dans un second rôle:
Prix du public:
A noter également la présence de quelques comédies musicales dans les catégories qui ne leurs sont pas spécialement dédiées comme Top Hat nominé pour ses chorégraphies, décors, costumes et sons, Sweeney Todd pour ses costumes lumières et son, The Bodyguard pour ses décors et Kiss Me Kate pour ses chorégraphies.
Comme chaque année, que ce soit à Londres ou à Broadway, on constate qu'il y a peu de nouvelles comédies musicales attrayantes. Cette année sur les quatres spectacles nominés, deux sont passés pratiquement inaperçu et ne sont nommés dans aucunes autres catégories, et les deux autres sont des adaptations de film dont l'un est musical. C'est d'ailleurs ce dernier, Top Hat, qui a de forte chance d'emporter la récompense. Le spectacle a également toute ses chances pour le prix des meilleures chorégraphies. Et pourquoi pas pour ses décors et costumes? Avec ses sept nominations, c'est la comédies musicales la plus nommée de la soirée, il semble peu probable que le show reparte bredouille.
Et comme chaque année c'est du côté des revivals que c'est intéressant. Sur les quatres spectacles nominés, trois font partis de mes comédies musicales préférés, Cabaret, Sweeney Todd et A Chorus Line. Je ne connais pas trop Kiss Me Kate, mais le peu que j'en ai vu m'a bien plu (en particulier la chanson "I Hate Men"). A mon humble avis je pense que la compétition se jouera surtout entre Sweeney Todd, dont cette production a l'air merveilleuse, et Kiss Me Kate. Cabaret étant une reprise d'une version déjà monté à Londres en 2006 (et nominés également dans cette catégorie à l'époque, mais le revival de Sunday in the Park with George lui fut préféré), et la version présenté de A Chorus Line étant très proche de l'original (ce spectacle fait parti de ces comédies musicales dont la mise en scène est intouchable), je doute qu'ils aient les faveurs de l'académie. Mais on ne sait jamais, puis ce n'est pas comme si j'avais l'habitude de me planter dans mes pronostics.
Pour ce qui est des acteurs c'est assez dur de se prononcer quand on a pas eu l'occasion de voir leurs performances. Mais ma (toujours très fiable) boule de cristal me dit que ça devrait se jouer entre le duo principal de Sweeney Todd et celui de Kiss Me Kate (avec plus de chance pour celui de Sweeney Todd, ne me demandez pas pourquoi, je le sens). Niveau second rôle j'hésite entre Leigh Zimmerman et Siân Phillips. Dans les deux cas, je pense que c'est l'unique catégorie où A Chorus Line et Cabaret ont une chance de gagner.
Quand au prix du public je n'ai vraiment aucune idée pour le coup (Wicked maybe), mais j'espère sincérement que Billy Elliot remporte le prix, c'est peut être le seul que j'ai vu, mais j'ai pris une vrai claque devant ce spectacle tellement c'était magique (ah le Lac des Cygnes...).
Malheureusement cette année ce ne sera pas possible de regarder le programme en streaming sur le site de la BBC, j'espère juste que nous pourrons avoir le replay, parce que entre Cabaret, A Chorus Line, Sweeney Todd, Billy Elliot et Les Misérables qui devraient ouvrir la cérémonie (vu qu'ils ont remporté le prix du public l'année dernière), le spectacle promet d'être grandiose!
Les résultats:
La cérémonie ayant eu lieu dimanche, les résultats sont déjà connu. Si j'ai un peu trainé pour en parler c'est que j'espèrais qu'il serait possible de regarder la cérémonie en intégralité en replay pour pouvoir en plus de parler des résultats commenter la soirée, mais le replay n'est pas visualisable en France...
Pour ce qui est des résultats je suis ravi de constater que mes pronostics étaient tous justes. Comme je l'avais prédit Top Hat a remporté la statuette de la meilleure comédie musicales, ainsi que celle des meilleurs costumes et chorégraphies. Côté revival c'est Sweeney Todd qui a remporté la mise. Son couple vedette, Michael Ball et Imelda Staunton, ont tous les deux étaient distingués dans leurs catégories. Et c'est Leigh Zimmerman qui a remporté le prix du meilleur second rôle dans une comédie musicale, rapportant à A Chorus Line sont unique statuette.
Concert tôt: "Avec Stephen Sondheim: en bonne compagnie!"
Depuis quelques temps déjà, le Châtelet à l'habitude d'organiser des petits concerts dans sa magnifique salle, soit la matin à 11 heure (Concert Tôt) où l'après midi à 17 heure (Concert Tea). J'avoue que je ne m'y suis jamais vraiment interessé. Sauf qu'il y a quelques moins, Symphilein m'informe qu'un Concert Tôt aurait lieu avec les élèves du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris faisant hommâge à Stephen Sondheim. Donc une heure et demie de Sondheim dans la grande salle du Châtelet (en placement libre) pour seulement 10 euros. Mon sang ne fit qu'un tour et je me suis jeté sur la billeterie!
Le jour J je retourne au Théâtre du Châtelet, l'esprit encore émerveillé par Sunday que j'avais vu deux jours plus tôt, où je retrouve Symphilein une seconde fois. On constate qu'il y a quand même pas mal de monde, et que, horreur, il y a plein d'enfants. Trop d'enfants. Beaucoup trop d'enfants. Mais vous le savez, j'ai une patience d'ange, surtout avec les enfants! Pendant ce temps les portes de la salle s'ouvre et c'est parti pour la course à la bonne place. On se dépêche de monter les marches, doublant au passage les personnes plus âgés qui ont un peu plus de mal avec les escaliers (mon dieu je suis horrible...), et nous arrivons à nous dégôter deux places au cinquième rang de l'orchestre! Une fois placé nous étudions avec grande attention le petit programme qui nous a été distribué à l'entrée, avec notamment la liste des chansons, que voici:
- "Prologue" de A Little Night Music
- "Something Coming" de West Side Story
- "Old Friend" de Merrily We Roll Along
- "Prologue" de Company
- "Comedy Tonight" (extrait 1) de A Funny Thing Happened on the Way to the Forum
- "I Feel Pretty" de West Side Story
- "Comedy Tonight" (extrait 2) de A Funny Thing Happened on the Way to the Forum
- "The Ballad of Sweeney Todd" de Sweeney Todd
- "Comedy Tonight" (extrait 3) de A Funny Thing Happened on the Way to the Forum
- "Prologue" de Into the Woods
- "You Could Drive A Person Crazy" de Company
- "Green Finch and Linnet Bird" de Sweeney Todd
- "What More Do I Need" de Saturday Night
- "Sunday" de Sunday in the Park with George
Et comme à chaque fois lors de ce genre de concert le bal des doléances eu lieu (surtout que sur le site du Châtelet, la liste des chansons était quelque peu différente):
- Je trouve que ça manque de Company! Ou est "Being Alive"?
- Je rêve où il n'y a pas de Sweeney Todd? Ah oui j'ai rêvé il y en a deux.
- Par contre je ne rêve pas il n'y a pas de Follies!
- Sur le site ils avaient annoncé une chanson de Pacific Overtures. Moi qui voulais découvrir...
- Tiens il y a deux intrus. Sondheim n'a fait que les paroles de West Side Story!
- Si il y a du West Side Story, pourquoi il n'y a pas de Gypsy?
- Tu connais Saturday Night?
Oui le fan est chiant! (Mais je tiens à préciser que "Hello Little Girl" s'est incruster dans le spectacle, et en bonus on a eu "Send in the Clown"
Il est peut être chiant, mais il sait apprécier les bonnes choses, et les élèves du conservatoire chantant du Sondheim en fait parti. Certes les transitions entre les chansons prêtaient parfois à sourire tant elles étaient facile, mais comme signaler sur le programme "Cela ne sera bien sûr qu'un prétexte sans prétention afin de dérouler quelques numéros musicaux extraits des plus grandes comédies musicales de Stephen Sondheim" et puis comme Symphilein a dit "Au moins ils étaient clair, ils ont appelé ça "Concert"! Tandis que certains spectacles, qui ont des scènes du même niveau, s'appelle "Opéra Rock" ou "Comédie musicale"..." (Symphilein est la voix de la sagesse, il est bon de l'écouter!).
Donc ce fut un très bon, avec une bonne programmation (malgrès les doléances cités plus haut, comme je l'ai dit dans un précédent article, c'est rare en France de pouvoir entendre du Sondheim dans d'aussi bonnes conditions) avec de très bons interprètes, chacun défendaient ses chansons avec beaucoup d'enthousiasme, et vocalement ils étaient tous irréprochable! Parmi les moments les plus marquants, je noterais le "Prologue" d'Into the Woods, très bien adapté par Vincent Vittoz, où chacun était parfait dans son rôle, mention spéciale pour la jeune fille qui faisait le petit chaperon rouge (qui arrive à chanter la bouche pleine de croissant!). Le public a réserver une longue ovation aux jeunes chanteurs qui au bout d'un moment se demandaient si ils devaient continuer ou attendre la fin des applaudissements. Autre grand moment, le "Hello Little Girl" toujours de Into the Woods et toujours en français! Je tiens à féliciter le loup, Romain Dayez (il s'appelle Romain, c'est forcément quelqu'un de bien), qui a livrer une belle performance alors que la chanson n'était pas dans sa tessiture (je le sais parce qu'il se trouve qu'une de mes amies est dans la classe de la soeur de la fille qui faisait le petit chaperon rouge, small world isn't it! C'est d'ailleurs pour ça qu'il est le seul dont je connais le nom!). J'ai également trépigné de plaisir devant les reprises de deux de mes chansons préférés de Sondheim "Old Friends" et "You Could Drive a Person Crazy".
Pour faire court, le titre du concert, "Avec Stephen Sondheim: en bonne compagnie!" correspondait parfaitement à ce que nous avons pu voir. Encore bravo aux élèves du conservatoire!
En bonus je vous laisse avec une vidéo que j'ai trouvé par pur hasard en voulant écouter "A Weekend in the Country". Quand A Little Night Music rencontre Sauna le musical...
































