Let's do the Time Warp again!

08 novembre 2015

Quand Anna Teresa de Keersmaeker ressuscite mon blog...

Ne me regardez pas comme ça... Je vous ai abandonné, je sais... J'aimerais vous dire que c'était contre ma volonté, que je m'en veux terriblement. Mais ce n'est pas vrai. J'étais arrivé à un point où je n'avais plus envie d'écrire. L'inspiration, tout comme la motivation, ne venait pas. N'ayant pas envie de me forcer (ce qui n'aurait rien donné de bon (non pas que ce que j'écris d'habitude est d'une grande qualité, mais vous comprenez l'idée)) j'ai tout simplement laissé ce petit blog qui m'a fidèlement accompagné pendant cinq ans. Je n'ai pas pour autant arrêté d'aller voir de nombreux spectacles (surtout ballet et comédie musicale, que voulez vous, on ne se refait pas), mais à la fin je me contentais d'écrire quelques tweets plus ou moins pertinents dans le métro qui me ramenait chez moi. Et j'étais très heureux comme ça.

Puis hier soir, pendant que j'assistais pour la deuxième fois au programme Anna Teresa de Keersmaeker (ATDK pour les intimes) au Palais Garnier, l'envie de ressusciter ce blog est venue. Ce n'était pas exactement la première fois que cette envie était venue me rendre visite, mais cette fois, allez savoir pourquoi, je l'ai écouté. Remercions Anna Teresa et parlons un peu de son spectacle.

Quatuor



Le programme ouvrait avec le Quatuor N°4 de Bartok. Pièce chorégraphiée pour quatre jeunes filles. Quelques jours avant la première j'avais pu assister à une répétition de cette œuvre à l'amphithéâtre de Bastille. J'avais été séduit par la chorégraphie, l'énergie qui en dégageait, l'humour de la pièce. J'en étais ressorti en sautillant partout en criant ''Et... CULOTTES ! CULOTTES !''. J'attendais donc avec impatience de voir cette pièce.

Lors de ma première vision je fus un peu déçu. Il y a beaucoup de longueurs, notamment de (très) longues transitions dans le silence. Au final les passages vu en répétitions étaient les plus intéressants. Mais les quatre jeunes filles de la distribution, Aurélia Bellet, Camille de Bellefon, Miho Fuji et Claire Gandolfi, formaient un joli quatuor. J'ai particulièrement apprécié la malice de Miho Fuji et c'était un vrai plaisir de revoir Aurélia Bellet que je n'avais pas vu depuis sa prise de rôle dans La Belle au Bois Dormant. Les quatre avaient une belle énergie commune et le final était assez électrisant.

Hier soir j'ai pu voir la distribution de la première (et celle que j'avais vu en répétition). Les quatre filles étaient peut être moins synchro que leurs collègues mais j'ai redécouvert la pièce avec elles. Si dans la distribution précédente j'ai surtout été séduit par l'énergie de groupe, ici les personnalités se détachaient beaucoup plus. On pouvait même y déceler des personnages. La jeune Laura Bachman à l'énergie débordante prête à faire toutes les bêtises, Charlotte Ranson plus mature qui effectue la chorégraphie avec un certain détachement en mode ''je suis trop grande pour ces gamineries... mais c'est quand même sympa!'', entre les deux Juliette Hilaire s'impose comme la cheffe de file. Et puis il y a Sae Eun Park, la bonne élève un peu en retrait qui suit ses copines avant de se prendre vraiment au jeu en menant même la danse des culottes. Malgré les quelques longueurs toujours présentes, j'ai été hypnotisé pendant toute la durée de la pièce. Il s'agissait de la dernière représentation de cette distribution et les filles se sont complètement déchaînées, tant pis pour la synchronisation, ça faisait plaisir à voir.

Grosse Fuge



Impression complètement inverse sur La Grande Fugue de Beethoven, cette fois ci très masculin, chorégraphié pour sept danseurs et une danseuse (même si au final le rôle de celle ci reste assez anecdotique, que ce soit avec Caroline Bance ou Alice Renavand). Lors de ma première vision j'étais complètement rentré dedans en grande partie grâce aux superbes Hugo Vigliotti et Takeru Coste qui se détachent vraiment du lot. Par contre la première distribution, malgré la présence d'étoiles et de premiers danseurs, aucune personnalité ne sort du lot, reste tout de même une très belle énergie de groupe mais l'oeuvre devient plus faible pour le coup. Et on peut s'interroger sur la pertinence de distribuer des étoiles sur cette pièce...

Verklärte Nacht



On termine la soirée avec une adaptation chorégraphique du poème qui a inspiré Schoënberg pour composer sa Nuit Transfigurée, dans lequel une femme annonce à l'homme qu'elle aime qu'elle porte l'enfant d'un autre.

Dès le lever de rideau on sent que cette œuvre n'a rien à voir avec les deux précédentes. Le plateau nu se voit habillé d'arbres et d'un tapis de feuille. La silhouette des danseurs se dessinent dans le brouillard, une femme commence à danser et je suis subjugué pendant les 30 minutes que dure la pièce par ces couples qui se font, se défont et qui finalement se retrouvent.
Il est vrai qu'il y a là un côté un peu patho qui peut agacer, en tout cas ça a marché sur moi. J'ai été touché tant par la musique que par la danse et je suis ressorti les deux fois sur un petit nuage. Aucune des deux distributions n'a ma préférence, je les ai aimé toutes les deux. Je retiendrai particulièrement les femmes, les hommes ayant un rôle assez réduit, Alice Renavand, Sofia Rosolini, Awa Joannais et Lydie Vareilhes lors de ma première vision et Marie Agnès Gillot, Léonore Baulac, Letizia Galloni et Alice Catonnet pour la deuxième.
Le ballet se termine par la danse d'un homme pendant que la femme, en avant scène, regarde l'horizon. Lydie Vareilhes paraissait très sereine, Alice Catonnet plus incertaine. Au final le plus intéressant de cette soirée était de voir à quel point la perception d'une œuvre peut changer par rapport aux artistes qui l'interprétent. C'est en parti ce qui m'a donné envie d'écrire à nouveau.

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23 mars 2015

London Musical Trip: Épisode 2 - Once

Once

La seconde comédie musicale du séjour fut Once. Je dois bien avouer que c'est le peu de nouveauté intéressante depuis ma dernière visite qui m'ont poussé à aller voir ce spectacle qui ne m'a jamais attiré malgré sa flopée de Tony Awards. Mais vu que le spectacle allait fermer deux semaines après ma venue (soit samedi dernier), j'étais quand même un peu curieux de découvrir cette œuvre qui n'a pas laissé indifférent les gens de mon entourage qui l'ont vu. La moitié a adoré, l'autre s'est ennuyé à mourir... Avec deux autres amis nous nous sommes décidé à y aller. J'ai tout de même voulu voir le film la veille du départ. Vu mon état d'excitation ce soir là ce n'était pas vraiment le bon moment pour le découvrir, mais j'ai tout de suite accroché à cet univers et je suis tombé sous le charme des chansons, qui sont quand même à des années lumières de ce que j'écoute habituellement (je doute que Patti Lupone ait déjà chanté de la folk irlandaise) (mais si oui je suis preneur).

C'est donc avec un peu plus d'envie que prévu que je me suis rendu au Phoenix Theatre. Une fois sur place nous découvrîmes l'attraction principale de Once dont on nous avait tant parlé. Le bar étant sur scène, il est possible d'y monter avant le spectacle et pendant le spectacle pour siroter du cidre irlandais tout en faisant ses débuts dans le West End. Grand moment d'émotion. Puis un quart d'heure avant le début de la représentation, tout le c ast (sauf les deux principaux) débarque sur scène pour faire un petit bœuf irlandais, alors que nous sommes toujours sur scène les entourant! Au bout de 3 chansons, les ouvreurs nous demandent gentiment de regagner nos places pendant que les chansons s'enchaînent puis tout naturellement les chanteurs s'en vont laissant Ronan Keating seul sur scène et le spectacle commence.

Le spectacle reste très fidèle au film, en y rajoutant, à mon grand étonnement, beaucoup d'humour, ce qui est bien agréable. La mise en scène minimaliste et inventive fonctionne très bien, et participe en parti aux effets comiques. Les comédiens/chanteurs, qui sont également tous musiciens, sont toujours sur scène, généralement assis sur les côtés et exécutent des petites chorées toutes mignonnes avec leurs instruments de musique. J'ai donc vu pour la première fois un mec danser avec un violoncelle et c'était beau. De manière générale, mais si à première vu ils sont tous non danseurs, c'était très agréable de les regarder évoluer, touchant même parfois.
Les chansons sont les mêmes que dans le film, et ne viennent pas vraiment s'intégrer dans l'action. Le spectacle, qui est un peu un ovni dans le West End, s'apparente plus à une pièce sur des gens qui font de la musique qu'à une comédie musicale. Mais le résultat est prenant et le temps passe à une vitesse folle. Pour revenir à ce que j'ai dit plus haut, je me rangerai plus dans la moitié qui a adoré le spectacle. J'ai encore des frissons en repensant à la reprise de ''Falling Slowly'' qui clôt le spectacle.

La distribution était parfaite. Chacun des membre de l'ensemble des comédiens/chanteurs/musiciens a un rôle plus ou moins important à défendre. Je retiendrai particulièrement les hilarants Tim Prottley-Jones et Brandon Ellis, respectivement dans le rôle de Billy le propriétaire du magasin de musique et du banquier mais également chanteur à ses heures perdues. Dans le rôle du ''Guy'' c'était Ronan Keating, qui fait dans se spectacle ses débuts dans le West End. Si au début on imagine mal l'ancien chanteur de Boyzone en musicien un peu paumé, il se montre aussi bon acteur que chanteur et on s'attache vite à lui. Mais la star du spectacle c'est la ''Girl'' interprétée par la très touchante Jill Winternitz, elle m'a captivée pendant toute la durée du spectacle.

Une bien agréable surprise que Once, je ne regrette absolument pas de l'avoir vu avant sa fermeture. Notons quand même la belle carrière qu'a eu ce spectacle depuis ses débuts confidentiels Off-Broadway!

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22 mars 2015

London Musical Trip 2015: Épisode 1 - Miss Saigon

Miss Saigon

Me voici de retour après deux longs mois d'inactivité bloguesque. J'ai pourtant vu pas mal de choses en ce premier quart de l'année (dont Cabaret à Issy les Moulineaux héhé), mais manque de temps, d'inspiration et de motivation. Il fallait donc un événement de taille pour me faire revenir. Mon récent voyage à Londres fut cet événement. Comme l'année dernière, je suis parti trois jours dans la capitale anglaise pour me gaver de nourriture bière comédie musicale.

Le séjour débuta avec Miss Saigon, la petite sœur des Misérables qui fait un retour triomphale dans le West End pour ses 25 ans. J'avoue ne jamais m'être vraiment intéressé à ce spectacle, malgré les avis enthousiasme que j'entendais (généralement par mes amis asiatiques). Le peu d'extrait que j'en voyais me faisait penser à une version des Misérables au Vietnam avec un hélicoptère. J'y suis donc allé avec l'idée de m'en prendre plein les yeux tout en passant un moment sympa. Au final je me suis pris une grosse claque.

Comme je m'y attendais, visuellement c'est sublime. Ils ont mis le paquet et ça se voit. Dès le début on est happé dans les rues grouillante de Saigon, et c'est un voyage qui ce poursuit pendant toute la durée du spectacle, avec une petite incursion du côté de Broadway avec le grand numéro de l'Engineer. Le point d'orgue étant l'apparition de l'hélicoptère au deuxième acte, dont j'avais tant entendu parlé. Mais il c'est avéré que le spectacle n'était pas que visuel. J'ai été touché par l'histoire bien plus que je ne l'aurai pensé. On ne peut que s'attacher à Kim, jeune fille vietnamienne qui après le massacre de sa famille tombe dans la prostitution où elle rencontrera un G.I. avec qui elle aura un enfant qu'elle devra élever seule (bon d'accord c'est Fantine). Eva Noblezada, jeune débutante de 18 ans se révèle hallucinante dans ce rôle. Elle joue Kim depuis environ un an mais on dirait que c'est toujours sa première fois. Elle est peut être moins parfaite vocalement que Lea Salonga, mais elle donne des frissons dès qu'elle ouvre la bouche, sa première intervention sur ''The Movie In My Mind'' nous a scotché sur nos sièges. En parlant de la musique, je ne m'entendais pas à être autant charmé par la partition. On reconnaît la marque des auteurs des Misérables à plusieurs moments, mais je l'ai presque trouvé plus intéressante que celle des Mis sur plusieurs points (notamment sur les répétitions de thème moins incohérente). Après c'est du Boubil et Schoenberg, on peut trouvé les effets un peu facile, mais il faut avouer que c'est très efficace.

Le cast est excellent, je ne m'étendrai pas plus longtemps sur la bombe Eva Noblezada, tout à déjà était dit (et si je peux me permettre, sa non nomination au Laurence Olivier Awards est un scandale!) L'autre personnage central de l'intrigue et l'Engineer campé par Jon Jon Briones qui semble fait pour ce rôle. Il apporte une touche d'humour bienvenue au milieu de tout ce drame et en devient presque attachant (parce qu'il est quand même détestable ce personnage). Son grand numéro ''American Dream'' (un peu sorti de nul part il faut l'avouer) est un régal. Dans le rôle de Chris on retrouve Alistair Brammer que l'on peut voir dans le film Les Misérables et qui fait parti des nombreux interprètes de Marius. Il m'a fait un peu peur au début sur son morceau de bravoure ''Why God Why?'' où je le trouvais un peu léger vocalement. Mais il s'est montré excellent acteur, et la reprise de cette chanson au deuxième acte était très émouvante. Tamsin Carroll, sorte de jeune Alice Ripley londonienne impressionne dans le rôle d'Ellen la femme de Chris. Ethan Le Phong, le nouveau Thuy est également très bon. Le seul au final que je n'ai pas vraiment aimé c'est Hugh Maynard dans le rôle de John, pourtant très bon chanteur, mais il faut dire que le rôle n'est pas très valorisant...

Au final je suis sorti conquis du théâtre, les larmes aux yeux, bien plus ému que je ne l'aurai pensé. Au même titre que Les Misérables ou The Phantom of the Opera, Miss Saigon est un ''Must-see'' à Londres.

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29 décembre 2014

Le Magicien d'Oz - We're off to see the Wizard...

Le Magicien d'Oz

Est ce que vous aussi vous avez eu un choc en découvrant dans le métro en septembre de géantes affiches pour Le Magicien d'Oz au Palais des Congrès dans la version d'Andrew Lloyd Webber, sans qu'aucune annonce n'ait été faite auparavant? A l'heure qu'il est on ne sait toujours pas comment ce spectacle s'est retrouvé là, mais nous n'allons tout de même pas boudé notre plaisir. J'ai donc foncé sur l'occasion, étant donné que The Wizard of Oz est la première comédie musicale que j'ai vu à Londres, j'en garde depuis un souvenir magique. Ce qui fait que j'avais un peur d’entacher l'image que j'en avais avant d'y aller.

Commençons d'abord avec deux petits coups de gueule. Le premier n'a pas grand chose à voir avec le spectacle en lui même, mais plutôt avec sa campagne de communication. Pourquoi crier partout qu'il s'agit de la même production qu'à Broadway, alors que ce spectacle n'est JAMAIS allé à Broadway. Londres oui, les États Unis oui, mais Broadway non (c'était pourtant pas faute d'avoir essayé). D'ailleurs il ne s'agit pas exactement de la production que j'ai vu à Londres, mais celle de la tournée américaine qui est un peu réduite.
Le deuxième concerne cette habitude qu'on beaucoup de version française de comédie musicale anglo-saxonne, celle de traduire toutes les chansons sauf la/les plus connue(s). Du coup le spectacle est intégralement en français, sauf ''Over the Rainbow''. Déjà je suis contre ce procédé car pour moi soit on traduit tout, soit on traduit rien. Les chansons ayant une importance narrative tout aussi grande que les scènes parlées, il est pour moi essentiel qu'elles soient dans la même langue. Et dans le cas du Magicien d'Oz, c'est d'autant plus bizarre que le récitatif qui précède la chanson est en français, et que la reprise au deuxième acte dans le château de la sorcière est en français (et c'était plutôt bien traduit). Voilà pour les coups de gueule, passons au positif, car même si j'ai l'air de râler beaucoup autour de ce spectacle, c'était quand même bien. Même très bien!

En premier lieu j'aimerai quand même saluer l'initiative des producteurs d'avoir amené ce spectacle en France, dans une production, même si moins impressionnante qu'à Londres, de grande qualité. Si l'on fermé les yeux sur le fait que nous sommes dans l'horrible Palais des Congrès (qui n'est pas fait du tout pour ce genre de spectacle), on a l'impression d'être devant un show londonien. Le spectacle est bien rodé, aucune approximation de la part de la distribution où on ne trouve aucun maillon faible. Candice Parise en tête, que j'avais beaucoup aimé dans Songs for a New World l'hiver dernier, à qui le rôle de Dorothy va parfaitement. Nous fûmes plusieurs à avoir des frissons pendant son ''Over the Rainbow''. Rien à redire également sur ses trois compères, les très attachants Fred Colas, Édouard Thibault et Gregory Garrell, avec une petite préférence pour le dernier, mais il faut dire que le rôle de l’Épouvantail est particulièrement valorisant pour le comédiens. Les deux sorcières ne sont pas en reste. Sophie Delmas scintille de milles feux en Glinda, et pas uniquement grâce à sa robe. Quand à Natasha St Pierre c'est une révélation. A l'annonce du casting j'avais quand même assez peur de savoir qu'elle serait la méchante sorcière de l'Ouest, qui est quand même un rôle de comédienne essentiellement (elle n'a qu'une seule chanson). Et puis le souvenir d'Hannah Waddingham était tellement fort... Au final la chanteuse québécoise s'avère surprenante, elle semble s'en donner à cœur joie et ses interventions sont très réussies. Je l'ai même trouvé meilleure sur ces scènes parlées que sur ''Red Shoes Blues'' (qui reste le meilleur ajout qu'Andrew Lloyd Webber a fait à la partition). Je n'oublie pas non plus l'excellent Frank Vincent ainsi que le très belensemble qui a de gros morceau à défendre, je pense notamment à la scène des Munchkins (non je refuse de les appeler ''les Pitchounes'') qui est toujours un régal.

Quel dommage que le public ne soit pas venu plus nombreux voir ce spectacle, car celui présent lors de ma venue était plus qu'enthousiaste et réagissait comme un public anglo-saxon (on applaudit la mort de la sorcière, on hue cette dernière quand elle revient saluer). Il faut dire aussi que le Palais des Congrès était aussi un choix un peu ambitieux, mais quelle salle parisienne pouvait accueillir de genre de production? A l'exception de Mogador, mais il est déjà pris... J'espère en tous cas qu'il y aura une reprise, car en plus d'être une belle initiative, c'est un très beau spectacle! J'ai pu ressentir les mêmes émotions lorsque je l'avais à Londres. Les frissons dès que l'orchestre commence à jouer l'ouverture (car oui il y a un orchestre!), l'euphorie lorsque les personnages entonnent ''We're off to see the Wizard...'' et les petites larmes à la fin... C'était une bien belle après midi au pays d'Oz.
Par contre si on pouvait bâillonner les enfants pendant le spectacle...

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27 décembre 2014

An American in Paris - Who could ask for anything more?

An American in Paris 2

Écartons nous quelques instants des chemins de Bastille et de Garnier pour revenir, le temps d'un article, vers mon premier amour, le Châtelet. Car même si sur le papier, sa saison n'est pas très équilibré niveau comédie musicale, on y voit quand même de jolies choses.

La jolie chose en question est en fait l’événement comédie musicale de la saison (et oui rien que ça), il s'agit bien sur de An American in Paris, qui va démarrer ses previews en mars prochain à Broadway avant une première officiel courant avril. SAUF QUE, avant tout ça, la création mondiale du spectacle se fera chez nous, en plein cœur de Paris. Donc même si au fond le sujet ne me parlait pas plus que ça (je n'ai toujours pas vu le film à l'heure qu'il est, le DVD emprunté à la médiathèque est pourtant toujours là, à côté de moi, me regardant tendrement), j'étais tout excité à l'idée de me dire que j'allais voir une comédie musicale de Broadway... avant Broadway. Nan puis c'est quand même jouissif de voir tous les Playbill et autres Broadway.Com parler régulièrement du Châtelet ces derniers temps. C'est donc dans une attente insoutenable que je me suis rendu au Théâtre du Châtelet pour assister à la seconde preview du spectacle (oui je sais, c'était fin novembre, mais si je tenais mon blog régulièrement à jour ça se saurai).

Dès le levé de rideau le ton est donné, la danse aura une place primordiale dans ce spectacle. Ce qui n'est guère étonnant vu que les deux rôles principaux sont confiés à des danseurs de ballet (du New York City Ballet pour lui, du Royal Ballet pour elle), et que le metteur en scène n'est autre que le chorégraphe Christopher Wheeldon qui a notamment crée les superbes Alice's Adventures in Wonderland et Winter's Tales pour le Royal Ballet. Les amateurs de comédies musicales récentes furent plutôt dérouté par ce choix, notamment par le ballet du deuxième acte, délicieux pastiche des ballets néo-classiques français des années 50-60 (avec les décors de Daphnis et Chloé), qui dure une petite vingtaine de minutes. Mais les amateurs des comédies musicales de l'âge d'or (les musiques de Gershwin n'y sont pas pour rien), pendant lequel Agnes De Mille (Carousel) et autre Jerome Robbins (West Side Story) chorégraphiaient de longues séquences de ballet dans des comédies musicales devenues mythique. Car finalement cet Américan in Paris nous ramène à l'âge d'or de Broadway, il ne révolutionnera pas le monde de la comédie musicale, mais n'en a nullement l'intention. On passe juste un excellent moment devant un spectacle de qualité.

An American in Paris



On se ballade donc avec plaisir dans ce Paris fantasmé, un peu sombre parfois (notamment dans le prologue) mais plein de vie, d'espoir et bien évidemment d'amour. On suit les aventures de notre cher américain qui s'éprend d'une petite française qui travaille au rayon parfumerie des Galeries Lafayette et qui va devenir une grande star du ''ballet du Châtelet'' (bien qu'on la voit clairement répéter dans les studios du Palais Garnier). Évidement, elle aussi va tomber amoureuse de lui, et honnêtement je ne vois pas comment elle aurait pu faire autrement. Parce que Robert Fairchild, en plus de savoir tout faire (il a une très jolie voix et danse comme un dieu), il est très très très (très très très très) beau. Mais il en va de même pour sa partenaire, Leanne Cope, charmante petite brune à l'accent français ''so cute'' qui nous hypnotise quand elle danse. Ce couple a croqué est en plus bien mis en valeur par les très beau pas de deux chorégraphié par Christopher Wheeldon. Et franchement pour deux danseurs qui font leurs premiers pas dans la comédie musicale, on ne peut qu'être impressionné. Ils n'ont certes pas de très grande voix, on peine à les entendre quand ils chantent avec des performers chevronnés à l'exercice, mais elles sont très agréable à écouter et ils s'avèrent être des acteurs très convaincant. On ne peut souhaiter à ce couple ''so charming'' un beau succès à Broadway.

On trouve également à la distribution des artistes qui n'en sont pas à leurs première comédie musicale. Je découvre avec plaisir Jill Paice, qui m'avait semblé fort sympathique les fois où elle apparaissait dans Looks Not Books, qui est exquise dans son rôle de bourgeoise sous le charme de l'américain. Veanne Cox est impayable dans le rôle de Madame Baurel et on ne peut qu'être attendri par Brandon Uranowitz musicien cynique au grand cœur. Mais je retiendrai particulièrement la superbe prestation de l'irrésistible Max Von Essen, son grand moment sur ''I'll Build a Stairway To Paradise'', où il se retrouve entouré de girls (et de Brandon Uranowitz) pour un beau numéro de claquettes, est un délice. La salle en a d'ailleurs rugi de plaisir.

Dans cette saison parisienne bien terne niveau comédie musicale (beaucoup de choix mais rien de vraiment marquant au final) cette production est un petit régal, que j'aurai volontiers revu si les places n'étaient pas déjà toutes parties. Je souhaite donc à ce spectacle beaucoup de succès outre Atlantique.

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21 décembre 2014

Ballets de Noël - Episode 2: My Heart Belongs to Ganio...

Gilbert-Ganio

Les ballets de Noël sont bien lancés du côté de l'Opéra, et depuis la dernière fois j'ai eu l'occasion de voir deux Casse Noisette et retourner deux fois à La Source. Aujourd'hui j'aimerai m'attarder du côté de Bastille.

Tout d'abord c'est au couple vedette de la série, Dorothée Gilbert et Mathieu Ganio, auquel j'ai eu droit. Le tout s'annonçait plutôt bien, j'avais ouïe dire que ce genre de rôle convenait fort bien à Dorothée Gilbert, et Mathieu Ganio est le prince par excellence. Et le résultat fut largement à la hauteur des attentes. Dorothée Gilbert fut magnifique. Jeune fille charmante puis Fée Dragée impériale. C'est ce soir là que j'ai vraiment découvert la danseuse, ne l'ayant vu auparavant que dans Études où elle était visiblement assez stressé. (Non Raymonda lors de la soirée Le Riche ça ne compte pas...). Le partenariat avec Mathieu Ganio fonctionnait très bien, on sent que ces deux là on l'habitude de danser ensemble (notamment sur ce ballet) et ont une belle complicité. Quand à Mathieu Ganio il fut parfait. Certes son Drosselmeyer fait plus gentil tonton qu'homme mystérieux, mais on lui pardonne bien vite devant son Prince. Et quel Prince! Difficile de ne pas tomber amoureux! (Même si pour ma part c'est déjà fait depuis longtemps).

Dans les seconds rôles Daniel Stokes s'est particulièrement fait remarqué en Fritz facétieux aux côtés de Caroline Robert, chipie à souhait! Ils ont tous les deux exécuté une danse espagnole de haute volée.
Du côté des danses de caractères j'ai revu avec plaisir la superbe Danse Arabe d'Eve Grinsztajn. Mais la belle surprise de la soirée vint de la très belle Pastorale dansée par Aubane Philbert (que j'aime décidément beaucoup en ce moment), Charlotte Ranson et surtout Florimond Lorieux, qui malgré une réception un peu hasardeuse à la fin (ce qui a rendu la pose finale un peu chancelante), nous a offert une très belle danse précise et élégante avec beaucoup de style.
Ce fut en somme une bien belle soirée.

Ludmila Pagliero

Retour imprévu à Bastille hier soir. La raison? Suite à une blessure de Dorothée Gilbert, les dates de Ludmila Pagliero furent avancées. Désormais elle ne danse plus avec Vincent Chaillet (ce dernier dansera avec Héloïse Bourdon, et ça aussi ce sera à voir) mais avec... Mathieu Ganio! * cri de groupie hystérique *
Mes deux étoiles préférées dansant ensemble, je me devais de voir ça!

Ludmila Pagliero est la mignonnerie incarnée en Clara. Elle campe une Clara peut être moins douce et mature que ses prédécésseuses, mais tellement plus spontanée. Il fallait la voir virevolter sous la neige folle de joie. Elle fut aussi une très belle Fée Dragée, se jouant des difficultés technique du rôle. Par contre plus je vois ce ballet, plus je trouve cette variation poussive, il en va de même pour le grand adage qui précéde...
Je ne m'attarderai pas sur Ô combien Mathieu Ganio fut superbe! J'ajouterai quand même que, comme avec Dorothée Gilbert, il a une très belle complicité avec Ludmila Pagliero. Ce fut particulièrement visible dans le 1er acte avec leurs interactions autour du sapin, si bien que j'en ai oublié de regarder l'action principale tant j'étais occupé à les suivre du bout de mes jumelles. Ce fut d'ailleurs la première fois que j'ai préféré le 1er acte au 2ème. Sûrement dû au fait que les danses de caractères n'avaient pas la même saveur que la dernière fois.
Christelle Granier, dans la Danse Arabe, et Hugo Marchand, dans la Pastorale, sont loin d'avoir démérité (j'ai d'ailleurs hâte de voir ce dernier dans le rôle du Prince), mais j'avais encore en tête les superbes prestations d'Eve Grinsztajn et Florimond Lorieux dans ces mêmes passages. Et je n'aime définitivement pas cette Danse des Chinois, les danseurs ont bien du mérite de se lancer soir après soir dans cette variation tarabiscotée et peu valorisante.
Mais le tout fut rattrapé par une très belle Valse des Fleurs. Le corps de ballet est bien en forme sur cette série, la Valse des Flocons fut également magnifique.
Un petit mot également sur Laurence Laffon, qui soir après soir, fait preuve d'une grande classe dans le rôle de la mère.


Malgré quelques passages un peu tarabiscotés, j'aime définitivement beaucoup ce Casse Noisette!

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